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La 4ACG au Lycée Aimé Césaire de Clisson (44)

jeudi 1er juillet 2021, par Anne Doussin

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En raison de la COVID 19, la démarche a été longue, bien sûr, pour aboutir à la possibilité d’intervention dans ce lycée de Clisson. Mais, pas de regret, car nous avons vécu des moments forts avec les élèves et leur enseignant référent Fabrice.

Sur la proposition de Fabrice et de Mme la Proviseure, nous sommes intervenus à trois reprises : le lundi 31 mai devant une classe de 35 élèves de 1ʳᵉ - le mardi 8 juin devant deux classes terminales 60 élèves – le mercredi 9 juin devant une classe terminale technique 30 élèves. Sur l’ensemble de ces interventions, nous étions six : Bernard, Gilles, Pierre, Elie, anciens appelés – Jean-Marie, frère d’un ancien appelé que la guerre d’Algérie a « détruit » - Michel, français d’Algérie, 12 ans en 1961 quand il a quitté l’Algérie.

Après plus d’une année de « confinement », nous pouvions, un peu, appréhender cette reprise.
Mais, dès la première séance, nous sommes rassurés. À la fin du film d’Emmanuel Audrain, avant même nos témoignages personnels, un élève prend la parole au nom de tous, pour nous remercier, certainement impressionné par le film. Une vraie écoute, de l’émotion perceptible chez les élèves et enseignants présents pendant les différents témoignages, ceux de Jean-Marie (drame familial) et Michel (notamment la vie du petit peuple « pied noir », bien différente de celle des colons), témoignages du vécu de certaines familles en France et en Algérie, en parallèle avec les témoignages de leur vécu de jeunes appelés dans cette guerre, Gilles, Bernard, Pierre, Elie.
Lors de cette première, une petite surprise, avec la présence d’un élève très « sélect », costume, cravate, bleuet de France, liseré bleu-blanc-rouge à la boutonnière. Échanges avec lui à la fin de la séance : ses propos sont empreints de fierté nationale, il aime les cérémonies commémoratives, fait référence à Elie de St Marc, le côté résistant de ce militaire, la fin du parcours putschiste de cet officier ne semblant pas trop le déranger… Assez étonnant de la part d’un jeune homme de 17 ans !
Lors des deux autres séances, disposant d’un peu plus de temps, il y a eu davantage de questions des élèves, même si elles ont toujours de la peine à émerger. Il faut comprendre ces jeunes ; ils n’ont jamais connu de guerre et c’est tant mieux. Mais on leur demande de « plancher » sur cette guerre d’Algérie, tellement complexe ! Ils sont les petits-enfants d’anciens appelés : si leurs parents n’ont jamais interpellé leur père, difficile pour eux de questionner leur grand-père ; quelques-uns le font, souvent sans résultat. Mais, globalement, nous avons découvert des élèves motivés par le sujet, sûrement parce qu’il y a eu, en amont, un bon travail de préparation des enseignants.

Les questions sont parfois basiques et témoignent de leur difficulté à imaginer le déroulement de ce conflit : Quand vous êtes arrivés au front, quelles ont été vos impressions ? - Le conseil de révision, c’était quoi ? - Le Général de Bollardière condamné à une peine de forteresse, c’était quoi ? - En retour d’opération, est-ce que vous en parliez entre vous ? etc.
Par nos témoignages, ils découvrent qui étaient les harkis et leurs motivations diverses à combattre dans l’armée française. Avec, vers la fin des hostilités, cette peur au ventre d’être reconnus comme traîtres à leur pays, et demander, souvent en vain, à rejoindre la France. Et aussi, cet accueil minable par la France, vrai également pour nombre de « pieds noirs » rapatriés.
À la fin des séances, de bons échanges avec quelques élèves, venus dire merci et combien ces témoignages vécus leur sont précieux pour compléter la partie enseignée et mieux comprendre la réalité de ce qui s’est passé pendant ces sept années de guerre.
Fabrice, l’enseignant, nous déclare : « Bien belles séances, les élèves sont revenus me voir plusieurs fois pour me faire part de leur satisfaction. Un grand merci et le souhait de vous revoir l’an prochain. »
Voilà, dans un bref résumé, notre parcours, d’une durée globale de plus de six heures dans ce lycée de Clisson. Souhaitons-nous de continuer à témoigner encore longtemps, pour ce bel objectif de mémoire, tellement important, que s’est donné la 4ACG auprès des jeunes.

Au terme de la dernière séance, nous évoquons un peu avec les élèves le film de Lucas Belvaux « Des hommes » projeté au cinéma Le Connétable de Clisson ce même soir du 9 juin, suivi de trois autres séances jusqu’au mardi 15. Sur la proposition de Bernard, contact est pris avec le responsable du complexe, qui accepte gentiment que nous disposions d’une petite table de presse 4ACG à la sortie de la salle. Nous nous relayons pour être présents au cours de ces quatre projections. Peu de spectateurs, mais quelques-uns s’informent du pourquoi de notre présence ; un couple nous dit être venu voir ce film, motivé par le compte-rendu fait par leur fils, présent à l’une de nos interventions au lycée. C’est ce genre de petites anecdotes que nous aimons retenir !
 

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